Les aquarelles d'Auger
« Regard sur Reims avant la Grande Guerre »
 

          Eugène Auger naît à Reims le 21 juin 1847 dans une petite maison de l’actuelle rue de l’Université, tout près de la place Godinot. Issu d’un milieu modeste et laborieux, il succède à son père, ferblantier-lampiste. Attiré par le dessin, il s’adonne à la peinture sur porcelaine avant de se retirer prématurément, en 1881, à Trigny. Il s’y consacre à sa passion, grâce à l’appui de plusieurs membres de l’Académie nationale de Reims, et grâce à M. Jadart qui lui commande pour le Répertoire archéologique de l’arrondissement de Reims, des dessins à la plume destinés à être gravés, aujourd’hui conservés à la Bibliothèque municipale.

          A la demande de bibliophiles rémois, en particulier Victor Diancourt, maire de Reims de 1872 à 1881, il réalise les illustrations de plusieurs ouvrages uniques, finalement légués à la Bibliothèque municipale, parmi lesquels "Les  Filles du feu" de Gérard de Nerval et "La Guirlande de Julie", illustre recueil de madrigaux conçu en hommage à Julie d’Angennes, fille aînée de Mme de Rambouillet.

          Séduit par son talent, Pol Neveux lui fit exécuter les illustrations d’une "Bérénice" de Racine, qu’il offrit à la grande tragédienne Julia Bartet, célèbre pour son interprétation de la reine de Palestine.

          Sollicité par le vicaire général Landrieux, futur évêque de Dijon, Auger dessina le Chemin de Croix de l’église Sainte-Clotilde de Reims, qui venait d’être édifiée sur les plans de l’architecte Alphonse Gosset.  Ce fut pour l’artiste la seule occasion de travailler pour une œuvre aux proportions monumentales, chaque panneau mesurant 2,80 m. de hauteur.

           En 1908, sa réputation d’aquarelliste scrupuleux et exact persuada Hugues Krafft, cofondateur de la Société des Amis du Vieux Reims, de lui commander une série de trente aquarelles représentant rues anciennes et vieux hôtels particuliers de la ville des Sacres.

          Cette suite, aussitôt réalisée en concertation avec le commanditaire pour le choix des vues et des bâtiments, constitue un témoignage exceptionnel de la vieille cité rémoise peu avant la Grande Guerre et ses terribles destructions.

          La précision des architectures et des décors, le charme et la délicatesse de l’exécution séduisent tous les amateurs qui se trouvent comme transportés dans un univers en grande partie disparu, dont la topographie et de rares vestiges gardent malgré tout le souvenir obstiné.

 
La rue Pluche en 1908

 

 

 

L’Hôtel  Coquebert  rue  Salin  en  1913
 

L’artiste reproduit, ici, la cour intérieure de l’Hôtel Coquebert propriété de l’architecte Ernest Kalas (1861-1928) co-fondateur de la S.A.V.R. C’est dans cette demeure que fut installée, à l'origine, la Société des Amis du Vieux Reims.

Cet Hôtel, à l’architecture caractéristique du milieu du 17ème siècle avec notamment ses hautes toitures d’ardoises, portait le nom d'une grande famille rémoise : les Coquebert, dont plusieurs se sont vu confier des charges importantes dans la vie de la cité rémoise .

Les destructions de le Grande Guerre ont fait disparaître, également, ce bel édifice.

 

 

En cheminant par . . . 


La rue du Marc en 1908
(coté nord)


 
La rue des Elus en 1909


La rue de Sedan en 1908
(aujourd'hui rue A. Réville)

 

"Le Reims d'Auger"


En raison de la fragilité du support, il est évidemment impossible d’exposer ces aquarelles en permanence. On les retrouvera cependant, soigneusement reproduites et commentées, dans l’ouvrage "Le Reims d’Auger" publié par la Société des Amis du Vieux Reims en 2009, en vente au Musée Le Vergeur (25 €uros).

La conception de ce catalogue intègre deux plans au 1/5000ème, (un d’avant 1914 et un de 2008) qui permettent une localisation d’époque et actualisée de chacune des œuvres présentées.


 

 



Francis Leroy et Philippe Le Leyzour
Administrateurs S.A.V.R. - Musée Le Vergeur
 

 

Copyright © 2014 Musée le Vergeur